Là haut, ici bas.

Je suis arrivée dans ce pays sans aucun à priori, avec l’esprit nettoyé. Mais la première chose que j’ai vu, fut les immeubles.

C’est en tournant sa tête vers le haut que l’on découvre ces différents balcons et fenêtres. Traverser la ville à pied ou en voiture, et juste lever la tête : voilà ma nouvelle passion.

Regarder vers le haut. C’est ce que je fais depuis que j’ai atterri dans ce pays qui s’élève : d’une part à cause de la montagne ; d’autre part, grâce aux immeubles qui montent jusqu’à des niveaux assez élevés où l’on met bien cinq minutes pour monter jusqu’à l’étage désiré, et qui inondent le paysage. Je dis bien inondent puisqu’on se sent très petit à côté des bâtiments.

De toutes les couleurs, mais majoritairement gris ou blancs, ils s’imposent. La vue aérienne que j’ai eu à mon arrivée depuis l’avion me disait bien que la construction était un aspect important de la ville. Beirut a beaucoup souffert pendant la guerre civile de 1975-1990, mais aussi pendant les attaques de 2006. Souffrance, puis reconstruction. Ainsi, les échafaudages sont omniprésents. « La plupart des bâtiments que tu vois non achevés, sont abandonnés depuis plusieurs années », m’explique ma nouvelle colloc lorsqu’elle me prend à l’aéroport et qu’on se dirige vers Hamra, mon nouveau quartier, dans la camionnette de son père, libanais parti aux Etats Unis. Des compagnies décident de construire sur les terrains vagues, où se trouvaient auparavant des maisons que les bombes ont prises avec elles. Faute de financement, elles arrêtent la construction, mais ne détruisent pas. Ainsi, on voit des buildings à moitié finis, à côté d’une maison dont les murs sont troués, entre deux autres constructions qui viennent de commencer. Ce fascinant processus de reconstruction urbaine m’épate, mais m’inquiète : comment faire vivre un immeuble de 15 étages en eau et électricité, quand ceux qui sont déjà fonctionnels, eh bien, ne le sont pas vraiment ? Question ouverte que je ne fais que poser ici.

L’horizon se dessine entre contrastes et hauteurs. Certains immeubles chevauchent sur deux hauteurs: le terrain montagnard ne permet pas de construction lisse, ce qui rend la scène encore plus intéressante.

Petite maison entourée par les grands.
Petite maison entourée par les grands.

En levant le regard, on arrive à trouver, à part ces contrastes flagrants, toute une société qui se dessine. Les draps colorés pendent des balcons. Le boîtier de la climatisation, avec son fameux logo rouge LG pour la plupart et son hélice qui tourne sans cesse (quand les coupure d’électricité n’attaquent pas), se dessine et se montre, fier de pouvoir apporter un peu de bonheur en ces temps de chaleur (en moyenne 30º constamment depuis mon arrivée. Eh oui, l’été dure ici). Les fenêtres souvent fermées (quand il y en a), quelques silhouettes humaines se montrent, de temps en temps, pour regarder les passants qui se promènent dans la rue.

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Un jeune à côté d’un vieux (quel est lequel?)

Ces hauteurs témoignent de la quantité de personnes qui s’entassent pour vivre dans un même endroit. Elles montrent une façade trompe l’oeil, puisque nul ne sait ce qui se trouve derrière. Extrême pauvreté derrière un mur blanc? Ou extrême propreté cachée par un mur troué? Ces bâtiments sont la première chose que l’on voit depuis qu’on arrive à Beirut, mais est-ce que quelqu’un s’arrête à leur jeter un coup d’oeil de temps en temps?

Je ne me lasse d’observer ces bâtiments. Peut être serait-il temps de regarder vers le bas.

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